Les géants du minimalisme II par Julie-Anne Derome

Entrevue avec Julie-Anne Derome

par Benjamin Goron

Après le grand succès de l’an dernier, le Trio Fibonacci renouvelle l’expérience le 4 mars prochain en présentant un concert qui met à l’honneur des compositeurs de la grande famille des minimalistes. Le trio nous propose une incursion dans cet univers planant et éthéré, tout en restant fidèle à sa vocation première, la création de musique contemporaine, avec une œuvre de la compositrice canadienne Keiko Devaux. En préparation du concert, nous avons rencontré la violoniste Julie-Anne Derome.

Pourquoi récidiver avec l’univers minimaliste?

Le concert de l’an dernier, Les géants du minimalisme, a été extrêmement bien reçu. Nous avons voulu améliorer le concept et poursuivre cette aventure avec l’interprétation de pièces nouvelles, qui apportent de la fraîcheur au programme. On retrouve une bonne partie des compositeurs présentés l’an dernier (Arvo Pärt, Ludovico Einaudi, Philip Glass, Max Richter) mais ce sont à la fois des œuvres différentes de l’an dernier et des interprétations nouvelles dans notre répertoire. Nous allons également ajouter une touche de pop avec By this river de Brian Eno.

Vous allez également créer une œuvre de Keiko Devaux, une compositrice très en demande…

Nous sommes très fiers et heureux d’interpréter une pièce de Keiko Devaux. C’est une compositrice importante du répertoire contemporain, elle est d’ailleurs en train d’écrire une œuvre pour l’OSM. Sa création pour le trio n’est pas une pièce minimaliste, mais elle a un lien avec le programme. La pièce s’inspire du vibrato de Maria Callas. Il y a donc un aspect lyrique qui rejoint les minimalistes. Son langage, quant à lui, a un lien profond avec certains compositeurs européens comme Salvatore Sciarrino. On a très hâte de vous présenter cette création.

Pourquoi avoir jeté votre dévolu sur le courant minimaliste ?

Dans les dernières années, les frontières entre les genres sont devenues de plus en plus embrouillées. Les minimalistes se sont nourris de cette diversité de langages pour composer des œuvres très personnelles.

C’est intéressant de pouvoir toucher à des œuvres de compositeurs qui sont vivants, actifs dans leur carrière et influencés par plusieurs genres.

De plus, du point de vue de l’interprète, c’est une musique très agréable à jouer, avec un côté zen qui est très apprécié du public.

Vous parlez de diversité, est-ce qu’il y a plusieurs styles à l’intérieur même du courant minimaliste?

Chaque compositeur a son propre univers, mais je dirais qu’il y a deux aspects majeurs qui ressortent chez les minimalistes. Chez certains, comme Philip Glass ou Michael Nyman, on trouve un aspect plus urbain, rythmique, tandis que chez Ludovico Einaudi ou Max Richter, c’est davantage le côté lyrique qui prime.

Y a-t-il une pièce en particulier que vous appréciez et dont vous voudriez nous parler ?

Honnêtement, je les apprécie vraiment toutes. Elles ont toutes une saveur unique et sont très plaisantes à jouer. Si je devais choisir un compositeur, ce serait Ludovico Einaudi, dont nous allons jouer les pièces Primavera, I Giorni et Petricor. Son univers est intemporel, il provoque un sentiment de flottement qui est presque hypnotisant.

Et ce sentiment inspire beaucoup les autres arts, car la musique minimaliste se retrouve partout!

En effet, c’est un genre qui fait beaucoup de liens avec les autres formes d’art, qui est à la fois très actuel et très accessible. Philip Glass et Max Richter ont écrit des trames de musique de film. On retrouve des opéras minimalistes et des chorégraphies sur cette musique. Nous allons présenter ce concert lors de l’événement RIDEAU, une vitrine musicale où la musique classique est assez peu représentée, ce qui prouve que cette musique rejoint des sphères en dehors du classique. Elle est partout et chacun la perçoit de manière très personnelle.

Écoutez-vous de la musique minimaliste?

Oui, et je trouve cette musique très agréable à écouter. En dehors de ma carrière musicale, j’enseigne aussi le yoga, et cette musique provoque un sentiment de bien-être et de plénitude qu’on recherche dans la pratique du yoga. C’est une musique qui permet un retour vers soi grâce à une détente profonde et qui rejoint ainsi une quête de bien-être.

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Julie-Anne Derome, violon

 

Les géants du minimalisme II le mercredi 4 mars 2020 à 19h30 à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal

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