Les géants du minimalisme II avec Keiko Devaux

par Guillaume De Pauw

Quelque mots pour décrire ton esthétique musicale

Ma démarche embrasse un amour pour les sons et méthodologies électroacoustiques, manipulant et déformant des sons acoustiques à l’aide d’outils numériques. Je rends ensuite ces transformations sous forme de transcriptions écrites, les traduisant à nouveau dans le domaine acoustique. Je superpose et agence des éléments mélodiques ou harmoniques distillés de sources sonores très contrastées. La distorsion des attributs temporels, fréquentiels et timbraux permet de fusionner le langage tonal traditionnel et des gestes bruitistes d’inspiration plus électroacoustique.

Un lien vers une œuvre qui représente ton style

Je dirais que toutes mes pièces représentent mon style, mais voici un quatuor à codes Dust que j’ai composé l’été passé pour le Quartette Prometeo et dont je suis super contente.

Un petit mot sur ta pièce présentée au concert du Trio Fibonacci?

L’œuvre s’intitulera Efflorescence et sera une réflexion, avec un regard contemporain et minimaliste, sur la tradition italienne du bel canto. Plus précisément, je tirerai inspiration de l’une des techniques les plus identifiables de ce style de chant : la fioritura, technique d’ornementation florale et d’embellissement de la mélodie, telle que pratiquée par une des plus grandes interprètes du style Maria Callas. Il existe une vaste littérature de documentation, de critiques, d’analyses (musicales et scientifiques) de ce style de chant, ainsi qu’un inépuisable répertoire d’enregistrements de la diva elle-même : ces documents serviront de précieuses sources d’inspiration et fourniront un très riche point de départ pour le travail de composition.

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Keiko Devaux, en composition. crédit : Nathan C. Ward 

 

Ton instrument préféré ?

Je n’ai pas vraiment un instrument préféré, mais j’adore la pedal steel guitar.

Qu’est-ce qui t’a émue récemment (livre, exposition, film série) ?

J’ai découvert, il y a quelque temps le travail d’Aiko Tezuka, une artiste visuelle qui travaille avec les textiles. Je reviens toujours à son travail et sa démarche. Je le trouve très émouvant émotionnellement et je le trouve même un peu similaire à ce que je fais. Elle prend quelque chose de préexistant, le dénoue, trouve de nouvelles couleurs et le recontextualise.

 

Keiko Devaux crédit: Caroline Desilets

Les géants du minimalisme II le mercredi 4 mars 2020 à 19h30 à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal

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