¡Espana! par Gabriel Prynn

Le Trio a déjà joué en Espagne, de bons souvenirs ? 

Le Trio Fibonacci s’est produit pour la première fois en Espagne avec un concert à San Sebastian en 2006, je crois, et plus récemment à Bilbao à la fondation BBVA en 2016 – une magnifique petite salle Art nouveau.

Concert du Trio Fibonacci à Bilbao pour la Fondation BBVA

Un souvenir qui me vient à l’esprit date d’une visite à Séville. À cause du grand changement de température entre Montréal et le sud de l’Espagne, le manche de mon pauvre violoncelle s’est décollé pendant la générale – qui, heureusement, a eu lieu quelques heures avant le concert. D’une efficacité incroyable, les producteurs ont fait venir un luthier, qui a pris mon instrument avec lui. Il est revenu deux heures plus tard avec mon violoncelle réparé et une facture de 35 euros. Mes sentiments de soulagement et de surprise se sont mêlés à mon décalage horaire d’une manière assez particulière ce soir-là!

Pourquoi un programme d’œuvres espagnoles ?

Même si l’idée de présenter un programme qui se concentre exclusivement sur la production musicale d’un seul pays n’est pas hors du commun de nos jours, c’est un concept plutôt nouveau pour moi. La saison passée, le Trio Fibonacci a plongé dans le répertoire tchèque. Cette fois-ci, on avait envie, au début de l’hiver québécois, de faire cette aventure musicale espagnole.

La musique de l’Espagne évoque pour moi le soleil, les traditions anciennes, la générosité, la virtuosité, des couleurs uniques. Mais j’y vois aussi un côté brutal, même cruel.

Je pense aux mots de Hemingway : « La course de taureaux est le seul art dans lequel l’artiste est en danger de mort et dans lequel le degré de brillance de la performance est laissé à l’honneur du combattant. » Heureusement, les temps changent, même si la course folle des taureaux de Pampelune, rendue célèbre par Hemingway justement, continue de nos jours, je crois.

Parle-nous d’une des œuvres au programme.

Le Trio de Cassado est une nouvelle œuvre pour moi. Il y a beaucoup de choses captivantes là-dedans, mais ce qui m’intrigue dans cette œuvre, c’est surtout la façon dont l’expérience de ce compositeur, qui était également un violoncelliste de grand talent, se manifeste dans son écriture.

En regardant l’histoire de la musique on rencontre beaucoup d’exemples de compositeurs qui étaient aussi des grands interprètes – Vivaldi, Mozart, Liszt – mais ça se voit beaucoup moins à partir de 1900.

Comme il était un remarquable instrumentiste lui-même, on dirait que Cassado s’est laissé complètement allé en écrivant une musique hyper-virtuose et très extrême.

Dans les dernières vingtaines de mesures de la pièce par exemple, il écrit : forte, animando (animé), crescendo, piu animando, fortissimo, selvaggio (sauvage), en suite agitando poco a poco, sempre crescendo, sempre piu agitato, crescendo molto, animatissimo, accelerando sempre, crescendo jusqu’à ffff, presto, accelerando, pour finir avec fffff (du jamais vu à l’époque sûrement) et prestissimo e accelerando dans les dernières quatre mesures ! C’est bien drôle …

Gabriel Prynn devant le musée Guggenheim de Bilbao

¡Espana! le mardi 4 décembre 2018 à 19h30 à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal

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