Au salon de Balzac – Entretien avec Marc Hyland, compositeur

Par Guillaume de Pauw

Quelques mots à propos de ta pièce Chants du signe?

Dès le départ, j’ai voulu intégrer la série de Fibonacci avec un maximum de rigueur dans la substance d’une musique qui serait aussi lyrique et offrirait une latitude d’interprétation aux musiciens. La série irrigue donc de larges pans de l’œuvre à un degré ou un autre, mais j’ai aussi inclus des parties relativement libres, hors-série, si je peux dire, comme les passage solistes, pour équilibrer une grande forme où le chant des signes s’exprime tantôt par la raison et tantôt par une pulsion plus instinctuelle, ou « romantique » ?

Un souvenir lors de la création de la pièce ?

C’était à la salle Redpath, je me rappelle une vibration globale organique et chaude qui m’avait bouleversé, comme si les musiciens, l’espace, les instruments et la musique étaient réunis de façon idéale et donnaient tout son sens au titre.

Chants du signe au programme du concert Au salon de Balzac, quel est le lien ?

Le « salon » d’autrefois était un lieu d’échanges et de découvertes: il va sans dire que je me trouve en belle compagnie aujourd’hui! Je pratique la musique et l’écriture depuis mon adolescence, médiums auxquels se sont ajoutés les arts visuels (en autodidacte) au début des années 90: toutes ces expressions émanent du même « moi », de la même pulsion et se répondent à travers leurs spécificités, bref on pourrait dire qu’elles « tiennent salon » à l’intérieur de ma caverne, et maintenant ici… Le geste visuel compose lui aussi mélodies et harmonies, comme le sonore crée des types de matières, figures, vibrations et couleurs. Et il y a les mots, avec leurs masses de sens et d’ambiguïtés, leurs sonorités…

À quelle moment de la journée et où composes-tu ?

La musique, les livres et partitions, les tableaux et les instruments occupent l’essentiel de mon appartement, où je compose et travaille aussi la musique pour instruments virtuels. Je ne respecte pas d’horaire limitatif et lorsque la pratique alimentaire de la traduction ne m’accapare pas, je consacre tout mon temps à la création, à partir de l’après-midi jusqu’en début de nuit, sans oublier les notes prises au vol pendant les insomnies de fin de nuit et après les rêves musicaux particulièrement fertiles.

Que fais-tu ces jours-ci quand tu ne composes pas ?

Je fais des œuvres visuelles sur papier et pratique à nouveau depuis un an mon instrument de première jeunesse, la guitare classique. J’aime lire et travaille également à un (long!) poème depuis 2006. J’adore jouer au tennis et recevoir à dîner, une des joies de mon existence. J’essaie aussi de nourrir mon site Web marchyland.com car la diffusion de la musique est difficile. Et lorsque la Providence baigne, il y a la magie des voyages.

Un coup de cœur récent pour une œuvre/film/livre ou autre ?

Le film The Square, l’expo Cohen au MAC, entendre le Quatuor Mosaïques jouer ici même à la salle Bourgie l’op.20 No. 2 de Haydn.

Marc Hyland, 5 oeuvres sur papier, médiums mixtes, réalisées entre 2014 et 2017
photo réalisée lors de l’expo solo Figures et Fluides à la Galerie Carte Blanche du 31 mai au 5 juin 2017

Au salon de Balzac le dimanche 18 mars à 15h à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal

 

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