Le Trio Fibonacci chez Balzac

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Par Mark Homsany

Le dimanche 18 mars 2018 à la salle Bourgie, le Trio Fibonacci présentera « Au salon de Balzac ». Lors de ce spectacle, le Trio Fibonacci recréera l’ambiance d’un salon littéraire parisien du XIXe que Balzac aurait tenu. Pour ce faire, ils y joueront des pièces de compositeurs de l’époque que Balzac appréciait ainsi qu’une pièce d’un compositeur que Balzac aurait sûrement invité à son salon.

Julie-Anne Derome, la violoniste du Trio Fibonacci, nous donne un avant-goût du concert.

Pourquoi avoir choisi Honoré de Balzac ?

« C’est quelqu’un qui me fascine, quelqu’un que j’admire beaucoup », affirme Derome.
« C’est un psychologue. Je trouve qu’il a une observation de la race humaine qui est complètement époustouflante. […] Mon roman préféré est La cousine Bette ». En effet, Balzac faisait partie d’un mouvement littéraire nommé « réalisme ». Les auteurs de ce mouvement décrivaient dans leurs romans leur société telle qu’ils la voyaient et dressaient des portraits psychologiques très détaillés de leurs personnages.

 « C’est quelqu’un qui côtoyait justement beaucoup de musiciens et je trouvais intéressant de voir à travers son regard sa relation avec les musiciens et la musique en général . » Julie-Anne Derome

Elle voulait aussi évaluer la connaissance musicale de Balzac. Elle a découvert que l’écrivain français admirait Rossini et Beethoven : « Balzac trouvait aussi que la musique était un art supérieur à la littérature ». Ce genre de réflexion sur l’art est le fruit des salons de l’époque, le lieu où les grands esprits se rencontraient.

L’atmosphère des salons

Les salons littéraires du XIXe siècle étaient fréquentés par des gens riches. Ils se réunissaient pour discuter de littérature jusqu’aux petites heures du matin. La musique qui était jouée était de la musique de chambre.

Musée Balzac - Château de Saché
© L’Internaute Magazine / Romain Roget
SacheMusée Balzac – Château de Saché

Aussitôt le spectacle terminé, les interprètes devaient quitter le salon et recevaient leur paie le lendemain. « Ils étaient au service de la bourgeoisie », dit Derome. Il ne faut pas croire que les interprètes étaient méprisés. Ils faisaient néanmoins partie d’une classe inférieure aux bourgeois. Les compositeurs et interprètes célèbres, eux, pouvaient rester.

Les compositeurs présentés

Rossini était un des compositeurs invités à rester : « Si on voulait une soirée réussie, on invitait Rossini », prétend la violoniste. Il organisait les soirées et choisissait les musiciens ainsi que les pièces. Il était aussi un bon ami de Balzac. Même si Rossini est plutôt reconnu pour ses opéras, Derome a cru qu’il serait de mise de présenter un extrait du Barbier de Séville. La version que le Trio présentera est une transcription adaptée pour la musique de chambre : « C’est une œuvre qui se tient d’elle-même »..

Aussi, au XIXe siècle, il y avait une pianomanie dont les créateurs étaient Franz Liszt et un ami de Balzac, Frédéric Chopin. « Chopin n’aimait pas les salles de concert : il jouait dans des salons intimes », précise la violoniste.

À Paris, Beethoven n’était pas populaire, car il ne composait pas d’opéra. Toutefois, Balzac avait une opinion différente du reste de Paris : « Balzac voulait être Beethoven », dit Derome. « On remarque beaucoup de parallèles dans le Trio d’esprit de Beethoven. On a découvert des esquisses qui laissent entendre que Beethoven voulait écrire un opéra sur Macbeth. »

Le Trio Fibonacci a également invité un compositeur inhabituel au salon de Balzac : le compositeur québécois contemporain Marc Hyland. « C’est un artiste multidisciplinaire : peintre, écrivain, poète et compositeur. Je pouvais facilement imaginer un compositeur comme Marc côtoyer ces salons avec beaucoup d’aisance », prétend la violoniste. Elle poursuit : « Nous [le Trio Fibonacci] avons joué la création de sa pièce [Chants du signe] en 2008. Nous jouerons une version révisée pour ce concert ».

Du Balzac traduit en musique

Par le biais de compositeurs que Balzac admirait, le Trio Fibonacci nous présente comment l’écrivain ressemblait et se distinguait des gens de son époque. Par la musique, on apprendra à connaître ses goûts et peut-être aussi un peu sa personnalité.

Dans les romans de Balzac, on voit le « psychologue » ; au salon de Balzac, nous verrons le mélomane.

Au salon de Balzac le dimanche 18 mars à 15h à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal

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