Guerre et paix 4/4 Haydn : musique en temps de paix

Par Gabriel Prynn, violoncelliste

4/4 Trio en do majeur, Hob XV:27 de Haydn

Version anglaise

La vie de Haydn est représentative de ce que pouvaient être la place et le rôle d’un compositeur de son temps, comme pour J. S. Bach au siècle précédent. Haydn se trouve cependant à l’apogée d’une époque proche de sa fin : bientôt, les musiciens ne seront plus au service d’un roi, d’un prince ou d’un évêque et affronteront les avantages et l’insécurité de l’indépendance, comme Mozart et Beethoven, les premiers, le feront. Pour ce qui est de la vie professionnelle d’Haydn en tous cas, la paix règne !

En 1797, rentré à Vienne, Haydn a fait sortir à Londres trois trios. Le Trio en do majeur, Hob XV:27, que nous allons interpréter lors de ce concert, est le premier. Ce trio fut dédié à une certaine Therese Jansen, une pianiste qu’il avait rencontrée pendant ses deux séjours londoniens en 1795.

Loin de pratiquer le piano en amateur comme la plupart de ses mécènes, elle était en fait l’une des meilleures élèves de Clementi, doublée d’un professeur fort réputé, même si, suivant les conventions de l’époque, elle n’a pas eu de carrière publique. Notons que Haydn lui dédia aussi deux de ses plus importantes sonates pour piano solo, celles en mi bémol et en ut majeur.

L’écriture pianistique virtuose de ce trio en do majeur laisse imaginer qu’elle était une excellente interprète.

Le premier mouvement de ce trio est un Allegro assez costaud, avec une partie de piano à l’activité incessante : figurations élaborées et petites notes, octaves rapides, brusques contrastes d’ambiance, de tonalité, de registre et de dynamique, le tout parfaitement soutenu par les cordes. Là encore, Haydn met en valeur toutes les capacités des pianos à queue anglais, au son plein et à l’impressionnant registre de basse (Therese Jansen en possédait certainement un).

En complément à la partie de piano élaborée, dans ce trio le violon se voit accorder bien plus d’indépendance que dans la plupart des « sonates accompagnées » de l’époque, avec de fréquents dialogues entre les deux instruments.

Il en va de même dans le mouvement lent, un Andante qui part doucement, mais est de plus en plus décoré par des divisions élégantes et des ornementations pianistiques et violonistiques. Comme le premier mouvement, il abonde en surprenants changements de climat et de couleur. Un épisode central évoque la musique campagnarde hongroise sur laquelle Haydn s’appuya souvent.

À l’encontre de ces deux mouvements assez densément écrits, le finale est léger comme une plume. Son thème principal enjoué se déploie de nombreuses fois, son ton brillant culminant en une conclusion délicieusement soudaine.

Guerre & paix le 6mai 2017 à 19h30 à la Chapelle Historique du Bon-Pasteur

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