Nuit de Noël 3/4 : Brahms et Schubert

Nuit de Noël 3/4

Par Gabriel Prynn, violoncelliste

English Version

Brahms

On dit souvent que, de tous les instruments de l’orchestre, ce sont bien les cordes qui possèdent la sonorité qui ressemble le plus à la voix humaine. Pour ce concert, nous étions donc naturellement attirés vers les lieder de Brahms et de Schubert. En effet, traduites au violon, à l’alto ou au violoncelle, ces œuvres vocales prennent une nouvelle personnalité.

Brahms est très connu pour ses berceuses, mais connaissez-vous ses deux chants pour voix d’alto, alto et piano opus 91 ?

Ces pièces de circonstances nous montrent Johannes Brahms à son plus chaleureux et plus noble.

La deuxième chanson, la Berceuse spirituelle, écrite en premier mais mise en deuxième position dans le recueil, pour des raisons musicales suppose-t-on, a été composée pour célébrer la naissance du premier enfant du meilleur ami de Brahms, le violoniste, altiste et compositeur Joseph Joachim et son épouse la chanteuse Amalie Schneeweiss.

Joseph Joachim & Amalie Schneeweiss
Joseph & Amalie

Ils avaient prénommé leur enfant Johannes comme leur ami et l’idée de Brahms était de jouer la berceuse à trois : Amalie chantant, Joseph à l’alto (un des instruments préférés de Brahms) et Brahms, lui-même, au clavier.

On voit bien dans les paroles le lien avec l’esprit de Noël :

Vous qui flottez autour de ces palmiers, dans la nuit et le vent, vous, anges très saints, calmez la cime des arbres! Mon enfant s’est endormi.

Le couple connaitra de grandes difficultés plus tard. Même si elle était considérée comme une des grandes chanteuses de son temps, Amalie ne se sentait jamais à la hauteur de son mari. Des problèmes de santé l’empêcheront également de l’accompagner pendant ses longues tournées. Joseph, de son côté, était convaincu qu’elle le trompait – idée qui, en réalité, n’avait aucun fondement .

Tentant de calmer la situation, Brahms a écrit une deuxième berceuse à leur intention, intitulée Désir apaisé :

Plongées dans le crépuscule mordoré,                                                                                 comme les forêts se parent de majesté!                                                                                 Parmi les voix étouffées des oiseaux                                                                                     souffle la brise légère du vent du soir.                                                                                       Que murmurent le vent et les oiseaux?                                                                                    Au monde doucement ils chantent une berceuse.

Vous, désirs qui sans cesse palpitez                                                            dans le cœur sans trêve ni repos!                                                                     Et toi, langueur qui agite mon sein,                                                                  À quand le repos, et quand le sommeil?

Dans le murmure des vents et des oiseaux,                                                                             vous, souhaits ardents, quand                                                                                      connaîtrez-vous l’apaisement?

Ah, lorsque dans le lointain aux teintes d’or                                            mon esprit n’errera plus sur les ailes du rêve,                                              et que vers les étoiles éternellement lointaines                                        mon regard impatient ne se tournera plus;                                            alors le vent et les oiseaux chanteront                                                      pour le repos de mes désirs et de ma vie.

Schubert

Même si Beethoven avait établi le nouveau genre du lied, c’est-à-dire un poème chanté pour voix et accompagnement, en écrivant An die ferne Geliebte (À la Bien-aimée lointaine), c’est bien à Schubert qu’on doit sa floraison.

Dans sa courte vie (il est mort à 31 ans), il a écrit l’incroyable total de 625 lieder.

Certains thèmes reviennent fréquemment dans les lieder, notamment la nuit, le voyage et, bien sûr, l’amour. Ces chansons inspirantes sont souvent regroupées dans un cycle, comme celui de Schubert intitulé Le voyage d’hiver.

Manuscrit du Voyage d'hiver
Manuscrit du Voyage d’hiver

Il explore l’aspect obscur et énigmatique du monde hivernal.

Dans nos transcriptions, c’est la sonorité riche et grave du violoncelle qui se prête aux mélodies les plus évocatrices du cycle.

Nuit de Noël 1/4

Nuit de Noël 2/4

Nuit de Noël 4/4

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